Projets collectifs 2018 et 2019- Maison d’Arrêt de Rodez (12)

PHOTOS DU PROJET 2019 EN COURS DE VALIDATION

Projet porté par le binôme de soutien du SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation)

S’arrêter un instant, entrer dans une maison d’arrêt l’espace de quelques lignes… Nous sommes dans la maison d’arrêt de Rodez.

Là, plusieurs détenus ont pu bénéficier de deux projets artistiques. Portés par le SPIP (Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation), service du ministère de la justice, ces projets s’inscrivent dans une dynamique de prévenir la récidive, de favoriser l’insertion et la réinsertion ainsi que de détecter et lutter contre la radicalisation.

En octobre et novembre 2018, l’artiste Jokolor intervient pour la première fois auprès des détenus. Avec la participation de BELONDRADE Cécile, psychologue clinicienne interculturelle et SIGAUD Céline, éducatrice spécialisée (qui ont pour mission de soutenir les actions du SPIP), le projet consiste à peindre la salle d’attente des parloirs. L’objectif est d’accueillir les familles dans un espace plus chaleureux, plus réconfortant.

Pensé par les détenus « de A à Z », c’est un projet qui a permis de donner vie à leurs idées sous toutes formes, sous toutes couleurs. Et c’est ainsi qu’une fresque murale leur est devenue le moyen de dire, de se dire… Le parloir devenant espace d’expression au sens propre et figuré.
S’est ainsi vu dessiner…un mur… Un mur épais pour symboliser l’épaisseur des murs de la prison. Ont également été représentés plusieurs piquets sous forme de « barres de fer sciées » pour signifier que le mur est cassé. Et si le mur se veut « cassé », c’est pour entrevoir la liberté, la possibilité d’aller de l’autre côté.

Si l’on porte ensuite ses yeux vers les cieux, on les voit peints en noir. Du noir pour le choc de l’incarcération, le noir couleur de la nuit. En « lisant » de gauche à droite, on va de la nuit vers le jour ce qui permet de matérialiser le rythme du temps qui passe. Puis, se tient une falaise faisant office de trait d’union. Elle est là pour lier de façon symbolique la réalité de la prison d’un côté avec le versant imaginaire de l’autre. C’est dans cette porte ouverte sur l’imaginaire, qu’un lion de l’Atlas personnifie la force et le courage que demande la vie carcérale. Un phénix prend aussi place, oiseau emblématique qui renait de ses cendres. Sans oublier le bouleau et sa symbolique de l’essence primaire : quoiqu’il arrive, le bouleau est toujours parmi ceux qui repoussent en premier.
Cette première rencontre artistique, riche d’échanges, a suscité l’envie d’un deuxième projet.

Durant les mois d’octobre et novembre 2019, l’artiste Jokolor est revenu peindre auprès de détenus avec de nouvelles perspectives. C’est cette fois-ci à l’initiative des enseignants que la réalisation d’une autre fresque collective s’est envisagée sur le thème des figures héroïques. Chaque détenu a travaillé sur une personne ou une figure emblématique de son choix et connait : son histoire, les faits héroïques qui lui sont attribués ainsi qu’une citation. Ce nouveau projet ambitionne de transformer ces choix personnels en œuvre collective.

Et c’est ainsi que six portraits ont été peints : celui de Nelson Mandela, Pasteur, Martin Luther King, Jean Moulin, Simone Weil, Marianne et d’Arnaud Beltrame. Chacun d’eux est représenté dans des styles très différents mais très graphiques. Dans tous ces héros se cache un passé pas facile mais il en ressort derrière de grandes choses. Destinés à être exposés dans les couloirs de l’école de la maison d’arrêt, ces portraits rappellent combien la vie peut basculer à tout moment, en un instant… et pour longtemps.